L’AUTUNITE

Vers la fin de l’an V (1797) le citoyen Champeaux remarque dans la collection du citoyen Rémond à Semur « un minéral d’un beau jaune verdâtre formé de lamelles placées les unes sur les autres et divergentes entre elles ». Il mettra 3 ans pour enfin dans le courant de Brumaire an VIII (1800) localiser le gisement d’origine à 350m du clocher de St Symphorien de Marmagne à l’Ouche d’Iau..

Et Champeaux de s’écrier: « Voici encore notre pays enrichi d’un minéral qui n’est précieux jusqu’ici que par sa rareté, mais qui, s’il devient abondant trouvera sans doute son emploi dans les arts ». Il ne savait si bien dire.

L’urane oxydé sera cité par Haüy dans son traité de minéralogie en 1802. Berzélius l’analysera pour la première fois en 1802 et le désignera sous le nom de « sel à base de chaux où l’oxyde d’urane y joue le rôle d’acide ».

En 1823 il publie une nouvelle analyse démontrant que le minéral est un phosphate d’urane et de chaux et propose le nom d’Uranite.
En 1852, Brooke et Miller lui donnent le nom d’Autunite en référence à l’Autunois. En 1840, Peligot isolera l’uranium métal à partir de minerai provenant de St Symphorien.

Les découvertes vont se succéder: En 1846 le gisement de « La Troche » (Toujours à St Symphorien).

En 1846 « Les Ruaux ». Le minéral est exploité clandestinement pour les collectionneurs (déjà). Il est utilisé à la cristallerie de Baccarat et donne des verres jaunes avec un dichroïsme donnant des reflets verdâtres.

En 1898 les Curie découvrant le radium attirent l’attention sur les minerais d’uranium.

Hippolyte Marlot, prospecteur de la région Autunoise et digne continuateur de l’oeuvre de De Champeaux, passionné par les travaux de Becquerel et Curie aura l’idée de rechercher le radium en dehors des minerais d’Uranium. Il le recherchera et le trouvera en 1903 dans les pyromorphytes des chapeaux de fer des gisements du secteur de Grury et sera le promoteur éclairé des découvertes dans ce secteur 50 ans plus tard.

Il l’identifiera également dans le filon fluoré de Beauregard près d’Arleuf.
En 1930 un prospecteur auvergnat Victor Lasalle découvrira un minéral d’uranium dans le filon de Fluorite de Crôt Blanc près de Grury.

L’épopée de l’URANIUM à la libération.

1942. Mise en fonctionnement de la première pile atomique à Chicago sous la direction de E. Fermi

1945. Lancement par les Etats Unis des bombes atomiques de Hiroschima (6 Aout, uranium 235, et de Nagasaki, le 9 août au plutonium).

Mise en fonctionnement de la première pile atomique canadienne.
Création du C.E.A.

1946 Première pile atomique soviétique. 1947 première pile atomique anglaise

1948 Mise en service de ZOE pile atomique française fonctionnant à l’oxyde d’uranium naturel et à l’eau lourde. Elle utilise de l’uranium extrait au Zaïre et caché au Maroc pendant la guerre.

L’URANIUM est devenu un minerai militaire et capable de fournir l’énergie nécessaire au monde moderne. Le C.E.A. démarrera une prospection systématique en France. Il installera en 1946 à St Symphorien aux Ruaux sur les travaux de Marlot le premier centre de recherche et d’exploitation de l’uranium. Les Ruaux ne seront pas rentables, mais tous les géologues de l’uranium se formeront là. En 1949, à la fermeture du site, ces géologues et ces cadres migreront en limousin.

En bourgogne, les gisements d’Uranium furent localisés dans les granites et microgranites autour de Château -Chinon, dans le secteur du Creusot, de Luzy et de Grury, et dans le sillon houiller.

District de Grury-Luzy

BAUZOT étudié dès 1950 ensemble de filon à très belle Pechblende et minéraux d’altération.

LA FAYE ce gisement resta longtemps le plus important de France. Abandonné , il fut repris à ciel ouvert dans les années 80. La grande variété des minéraux secondaires a fait de ce gîte un véritable musée des minéraux de l’Uranium avec dans des filons à Quartz rouge ou à Antozonite (Fluorite):Uranotile  et  ,

Autunite, Kasolite, Parsonite, Renardite, Chalcolite et Uranophilite.

Les BROSSES étudié en 1949, il sera exploité.

Les JALERYS, le VERNAYS étudié après la Faye, restera en exploitation très longtemps.

Les OUDOTS exploité à ciel ouvert dans les années 80 permettra la collecte d’Autunite magnifiques.

District de Chateau-Chinon

l’HUIS-JACQUES (près de Dommartin), gisement à Pechblende et Autunite extrêmement riche découvert en 1955 et exploité.

District de l’Autunois , déjà évoqué avec St Symphorien.

Gîtes sédimentaires.

Le bassin permocarboniféres de Blanzy s’est révélé riche en indices uranifères. La prospection et les études incomplètes n’ont pas permis de dire si la mise en place était due à des sédiments remaniés ou à un lessivage des granites.