GEANTS DISPARUS

ORIGINES DE L’EXPOSITION

En 1977, quelques amateurs passionnés de géologie se regroupent pour former la Société de Minéralogie et de Paléontologie Dijonnaise. Quelques mois après sa création, cette association orga- nise une exposition à l’église Saint Philibert de Dijon. Cette première manifestation obtient un grand succès et de nombreuses adhésions de collectionneurs sont enregistrées. C’est le début d’une grande aventure, puisque depuis 1977, 16 expositions se sont succédées, mais aussi des centaines de sorties sur le terrain et conférences dans le cadre des réunions mensuelles. Avec l’aide des enseignants-cher- cheurs en géologie de l’Université de Bourgogne, la vocation des membres de l’association consiste avant tout à transmettre au public leur passion du monde minéral, au travers de conférences en milieu scolaire et diverses expositions aux thèmes toujours différents, et aux échantillons renouvelés à chaque occasion.

L’EXPOSITION « GEANTS DISPARUS »

Il y a de cela 150 000 ans. Le sol calcaire de Romain-la-Roche se dérobe sous les pas de quelques animaux de passage. Le plafond d’une cavité souterraine creusée par l’eau vient de céder. Le piège mesure une dizaine de mètres de haut, 7 mètres de large, 18 mètres de long. De nombreux mam- mouths, des rhinocéros laineux, des chevaux, des bisons, des ours et des cerfs… c’est toute une faune caractéristique de l’époque qui est ensevelie dans la caverne, au fur et à mesure qu’elle se comble. Ce piège fonctionnera plusieurs dizaines de milliers d’années. La fin du remplissage montre des tra- ces du passage de l’homme qui utilisera “l’abri sous roche”.

Mai 1980. Le site est devenu une carrière. Un tir de mines met au jour quelque os. Ce sont 25 000 os de ces animaux du passé, parfaitement fossilisés et maintenus en place par les remblais succes- sifs de l’aven, qui dorment ici. Une équipe d’archéologues puis l’association “Archéo-Faune Comtoise” prélèvent, conservent, et restaurent ces trésors naturels. Un travail titanesque pour sauver ce témoignage exceptionnel de la faune, du paysage et de l’environnement qui régnaient dans cette région, au début de l’ère quaternaire.

Grâce au prêt de l’association Archéo-Faune Comtoise, une dizaine de ces échantillons parmi les plus représentatifs seront à l’honneur lors de l’exposition “Géants disparus”. Accompagnés de panneaux explicatifs, de photographies du chantier d’extraction, ils dévoileront au public dijonnais la silhouet- te de ces animaux disparus, ainsi que le travail assidu des associations de géologues amateurs.

Au fil des vitrines, vous découvrirez ensuite ce qui mobilise l’énergie des membres de notre asso- ciation dijonnaise. Fossiles rares, parfaitement conservés. Espèces animales et végétales fossilisées, racontant divers chapitres de l’histoire de la vie. Minéraux rutilants ou discrets, encore cachés dans leur gangue ou après un dégagement minutieux. Des blocs imposants de quartz en cristaux parfaits, aux minuscules dentelles de pyromorphite, des pierres fines non taillées à la géométrie étrange de chaque espèce minérale, quels seront les échantillons qui vous surprendront le plus ?

Les exposants seront ravis de répondre à toutes vos questions, lors de la visite. Vous seront aussi pro- posés un atelier de dégagement de fossiles, des diaporamas de nos activités et sorties, des visites gui- dées pour les groupes, un CDROM “Du Jurassique au Crétacé inférieur”, un inventaire paléontolo- gique réalisé par le club, et des échantillons gracieusement distribués pour les enfants.

LES GRANDS MAMMIFERES DE ROMAIN-LA-ROCHE

Les fossiles de grands mammifères en vedette dans cette exposition n’ont “que” 150 000 ans, c’est bien peu par rapport aux ancêtres que contiennent d’autres vitrines, où l’on accuse plus de 350 millions d’années pour les plus anciens. Pourtant ces os minéralisés nous parlent. Grands mammifè- res contemporains des hommes de Neandertal et de l’Homo sapiens, ils datent de notre ère géolo- gique actuelle, le quaternaire, et ont accompagné nos ancêtres dans leurs tribulations.

Au travers d’une dizaine de pièces magistrales, ces géants d’autrefois sauront réapparaître le temps de l’exposition, et nous conter le passé de la région, lorsqu’elle était une steppe froide et quelque peu hostile.

Des ossements de mammouths : Mammuthus intermedius
– une défense de 2,50 m, légèrement recourbée
– une connexion anatomique fémur + bassin de 2,50 m sur 1,10 m
– une omoplate de 1 m2
– diverses mandibules et molaires de l’animal
– Contrastant avec ces proportions impressionnantes, vous est présentée, préle- vée sur un foetus trouvé sur le site, la plus petite défense de mammouth connue au monde.

Et d’autres animaux :
– un crâne de rhinocéros à deux cornes Ceolodonta antiquitatis
– un crâne de lion panthère des cavernes Felis panthera spelea
– des séries dentaires d’ours, de cheval, d’autres animaux, permettant de représenter de manière assez exhaustive les espèces découvertes.

A côté des fossiles, des panneaux explicatifs décriront l’histoire de l’aven de Romain la Roche, et le patient travail de l’association Archéo-Faune Comtoise.

MINERAUX D’ICI ET D’AILLEURS

Mais n’allez pas croire que les joyaux se trouvent tous au bout du monde : les géologues amateurs extraient couram- ment la fluorine et la barytine du Morvan, les célèbres quartz alpins, des espèces rares et nouvelles dans nos régions… Des espèces nouvelles qui sont dues, une fois sur deux, à des récoltes d’amateurs, qui confieront l’échantillon “suspect” à un scientifique pour étude. Elles feront la fier- té de collections publiques ou privées.

Joyaux de couleur, de géométrie, de pureté, ces minéraux n’ont pas souvent de réelle valeur com- merciale : c’est leur beauté, l’unicité et la personnalité de chaque échantillon, l’aventure de leur découverte, qui font avant tout courir le collectionneur !
Ce sera l’occasion de montrer au public le véritable visage des pierres fines ou précieuses telles que le rubis, l’aigue marine, la topaze, avant qu’elles ne soient taillées. Leur aspect peut sembler bien sage à côté du splendide quartz, naturellement facetté et brillant de mille feux. Ce dernier est pourtant un minéral “banal”, fait des éléments les plus communs de notre planète (silicium : env. 15 % et oxy- gène : env. 29 % de la masse terrestre).

CHRONOLOGIE ET FAUNE SPECTACULAIRE UNE HISTOIRE DE LA VIE…

Pourquoi collectionner des fossiles ? A cette question, les exposants vous proposent de nombreu- ses réponses au fil d’un parcours de découverte, à la fois esthétique, naturaliste et scientifique.

Esthétique d’abord, avec la taille imposante ou la finesse des échantillons, minéralisés dans leurs plus petits détails. Des ammonites nacrées ou pyritisées, des espèces à coquille déroulée de la fin du règne de ces céphalopodes. Ou encore, des blocs rocheux portant des myriades d’oursins, lovés au creux des filaments de “lys de mer”. C’est avant tout le mythe du “beau fossile” que ces vitri- nes présentent.

Une ambition naturaliste ensuite, avec une diversité d’animaux et de végétaux qui a été voulue la plus large possible. A côté des bois fossilisés et des fines fougères, des trilobites, des crustacés, des reptiles, des poissons et coquillages égrènent un inventaire à la Prévert…
Un inventaire qui n’exclue pas la poésie et la réflexion, puisque ces fossiles se présentent encore tels qu’ils ont été ensevelis, capturant les détails d’une feuille, d’une nageoire, la trace d’un déplacement ou d’attaque d’un prédateur…

Un but scientifique enfin, avec la “chronologie de l’amateur”. Ce groupe de vitrines met en scène différents fossiles en fonction de leur apparition et de leur évolution, se basant sur le point de repè- re de tous les géologues : l’échelle des temps géologiques. Ponctuée de disparitions catastrophiques, de développements exubérants, elle est divisée en 4 ères.
L’ère primaire (de – 570 à – 230 millions d’années) avec la célèbre faune de Burgess aux formes de vies invertébrées aquatiques aux silhouettes exotiques, les Trilobites et les premiers ancêtres des plantes terrestres qui explosent au Carbonifère
A l’ère secondaire (- 230 à – 65 millions d’années) la vie continue de se développer à l’abri des océans peu profonds, c’est le règne des ammonites, et celui des dinosaures sur la terre ferme.
L’ère tertiaire (- 65 Ma à – 2 Ma) voit les premiers mammifères apparaître, encore de façon confi- dentielle, parmi les autres formes de vie qui se transforment peu à peu.
L’ère quaternaire, dans laquelle nous vivons, nous conduit de nouveau aux vitrines des grands mam- mifères de Romain-la-Roche…

L’atelier de dégagement de fossiles
Les plus beaux fossiles sont ceux que l’on sort, parfaite- ment intacts, de leur gangue de roche. Ils n’ont parfois subi aucune altération lors de la fossilisation, ni de l’éro- sion. Comment procède le paléontologue ? Un crayon à percussion, fonctionnant à l’air comprimé, envoie de minuscules chocs contre la pierre, qui se désagrège en finesse. Le fossile sort doucement de sa gangue… Ce procédé, très maniable et qui ne présente aucun danger (surtout par rapport aux méthodes chimiques, beaucoup plus agressives) est à la portée d’un enfant. Les membres de l’association vous apprennent par l’exemple ce savoir- faire, indispensable aux amateurs de fossiles.
Echantillons offerts aux enfants
Le but avoué de l’association est de transmettre savoir et savoir-faire dans les divers domaines de la géologie. Rien de tel pour enseigner aux enfants la beauté de la Terre que de leur en offrir un échan- tillon : jolis fossiles ou cristaux brillants, récoltés par les exposants lors de leurs multiples sorties.
Diaporamas de présentation des activités du club
Où trouve-t-on les minéraux ? Et les fossiles ? Faut-il faire de l’escalade ? De la spéléologie ? Les cristaux sont-ils à l’intérieur de roches ? Sous l’eau ? Pourquoi a-t-on besoin de pioches, de marteaux et de burins ? Souhaitant répondre aux questions du public qui ne s’imagine pas toujours en quoi consiste exactement leur activi- té, les exposants ont eu l’idée de photographier et de filmer leurs excursions. Il en résulte de petits diaporamas pris sur le vif, toujours authentiques, de la vie courante des “chasseurs de cailloux” sur le terrain.
CDROM : Du Jurassique au Crétacé inférieur un inventaire paléontologique par des amateurs
Une autre réalisation des exposants à destination du public : ce CDROM décrit les principales familles d’ammonites de la Bourgogne et des régions limitrophes, ainsi que les sites les plus propices à leur découverte. Quelques notions de paléontologie et de géologie en annexe de la description des espèces trouvées sur chaque site vous permettront de vous lancer à votre tour dans la recherche et la collection de ces beaux fossiles.

Des visites guidées sont programmables, sur rendez- vous, pour les scolaires et divers groupes (associatifs…) Contact : Daniel Gueneau

De -180 000 à -20 000 ans, toute une faune de grands mammifères : mammouths, rhinocéros, ours, lions, cerfs et chevaux, est piégée et ensevelie dans un aven, une cavité souterraine creusée par l’eau, dans le sol calcaire du Doubs. 25 000 ossements parfaitement fossilisés sont retrouvés sur place dès 1980, et patiemment restaurés comme un témoignage de cette période lointaine, où les hommes Néandertaliens, puis les premiers Homo sapiens, côtoyaient les grands mammifères dans une steppe froide et hostile.

La Société de Minéralogie et de Paléontologie Dijonnaise a choisi de placer son exposition 2005 de minéraux et fossiles sous le thème de ces grands mammifères, présentant au public dijonnais une dizaine de pièces exceptionnelles, en collaboration avec l’association Archéo-Faune Comtoise. Au gigantisme des défenses et ossements de mammouths, répond l’incroyable petitesse d’une défen- se de foetus de mammouth retrouvée sur le site. Il s’agit de la plus petite défense connue au monde, de cet animal.

Autour de ce thème principal, les plus belles découvertes des exposants, sorties des collections privées pour l’occasion, se déclinent en plusieurs centres d’intérêts.

Pour les amateurs d’art, des ammonites géantes, nacrées, pyriteuses ; aux formes déroulées ou curieuses, vous convaincront de l’originalité de la nature, qui semble avoir voulu conserver ses plus beaux essais dans des roches nobles et colorées.

Pour ceux qui rêvent aux paysages antédiluviens, une faune et une flore très diversifiées se dévoi- lent au gré des vitrines. D’arbres fossilisés en fougères, de crustacés en ammonites, de trilobites en reptiles, ce sont d’anciens climats, des mondes disparus que les fossiles suggèrent.

Pour les plus férus de science, diverses espèces fossiles éclairent plusieurs chapitres de l’histoire de la vie, au fil des ères géologiques. Familles disparues, espèces oubliées ou ancêtres de notre envi- ronnement, tous témoignent des forces de l’évolution darwinienne.

Et pour le plaisir des yeux enfin, 16 vitrines de minéraux “d’ici et d’ailleurs”. Les grandes plaques de quartz alpin ou de fluorine attireront le regard, mais ce sera pour mieux guider le visi- teur vers les vitrines régionales : minéraux du Morvan, de Bretagne… ou vers les surprenantes transformations du plomb en cristaux fins et colorés de pyromorphite, mimétite ou wulfénite. Les pierres fines ou précieuses (rubis, aigue-marine, topaze) dévoileront leur aspect “brut”, à côté de splendides échantillons provenant des Indes, du Maroc, des confins de la Russie et de bien d’aut- res pays du monde : tout un recueil de géométries, de brillances et de couleurs, qui feront naître, on l’espère, quelques vocations…